L’étude « RACE » sur les accidents cardiaques

race_1SANTE et SPORT. Le Registre « RACE Paris »

 

race_2L’activité physique, le sport, la course à pied … c’est bon pour la santé. En moyenne, les physiquement actifs vivent mieux et plus longtemps que les sédentaires. Mais paradoxalement, au cours des activités intenses ils s’exposent à un sur-risque transitoire d’accident cardio-vasculaire pouvant aller jusqu’à la mort subite.

 

En collaboration avec les organisateurs de cinq grandes courses parisiennes (20 km de Paris, Paris-Versailles, Semi-Marathon de Paris, Marathon de Paris, Semi-Marathon de Boulogne-Billancourt) et les SAMU 75 et 92, un groupe de cardiologues réunis au sein du GRCI (Groupe de Réflexion sur la Cardiologie Interventionnelle) analyse depuis 2006 les accidents graves survenant sur ces épreuves. Une publication récente dans la presse médicale scientifique récapitule les observations sur les premiers 500 000 coureurs. Vous pouvez lire l’article in extenso en cliquant ici.

race_3En résumé, à l’exception d’une minorité de coureurs très performants, les coureurs sont des amateurs assez âgés (moyenne d’âge 39 ans), principalement des hommes (80%, mais la proportion de femmes augmente au fil des années), ne courant pas très vite (10,2 km/h de moyenne sur les marathons, 10,98 km/h sur les autres courses) mais n’abandonnant pas souvent (4,9% sur les marathons et 0,9% sur les autres courses).

 

Seulement 17 accidents ont été enregistrés sur cette période (soit 3,3/100 000) dont 12 immédiatement menaçants, c’est-à-dire qui auraient entrainé la mort en l’absence de secours médicaux sur place. Finalement, malgré une prise en charge médicale immédiate, seuls 2 décès sont à déplorer. Ce taux de « ressuscitation » sur les courses est le meilleur observé dans les études portant sur le sujet.

 

Ces accidents surviennent avec la même fréquence sur les Marathons que sur les autres courses et sur tout le parcours (un coureur a fait un arrêt cardiaque dans l’aire de départ) mais préférentiellement en fin de course ou juste après.

race_4Parmi les 17 accidents, 13 étaient d’origine cardiaque et 4 des hyperthermies malignes (apparition d’une fièvre très élevée à l’effort responsable de trouble neurologiques et cardiovasculaires entrainant la mort en l’absence de soins).

 

Les hyperthermies malignes sont survenues sur les seules courses où il faisait le plus chaud (température moyenne > 20°C) ; cela doit encourager les coureurs à être vigilant quand la température est élevée en s’hydratant bien d’une part et en s’arrosant régulièrement d’autre part. Par ailleurs, une hyperthermie maligne responsable d’un choc hémodynamique gravissime, s’est produite chez un jeune ayant couru alors qu’il sortait à peine d’un syndrome viral fébrile ; là encore, il s’agit d’un facteur favorisant bien connu d’hyperthermie mais aussi d’accident cardiaque à l’effort. Il est vivement déconseillé de pratiquer des efforts importants dans ces circonstances.

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Les infarctus viennent en tête des accidents cardiaques et sont survenus chez des hommes dont le plus jeune avait 41 ans (âge moyen 48 ans) et qui – hormis l’âge – ne présentaient pas ou très peu de facteurs de risque de maladie athéromateuse (surpoids, tabagisme, hypercholestérolémie en particulier). Ils se sont tous manifestés par des arrêts cardio-respiratoires pendant la course et par des douleurs thoraciques après. A l’exception d’un novice peu entrainé, toutes les victimes d’accidents cardiaques s’entrainaient correctement et avaient déjà participé à de telles courses. De la même façon, un seul coureur avait ressenti récemment des douleurs thoraciques d’effort typiques d’atteinte cardiaque, les autres victimes d’accident n’ayant pas présenté de signes d’alarme (douleurs thoraciques d’effort, malaises, palpitations). Mais en reprenant les choses, plusieurs d’entre eux avaient présenté une limitation de la capacité d’effort, une sorte de « bridage » (impossibilité de courir à la vitesse habituelle). Pour les autres, tout particulièrement pour ceux ayant eu une épreuve d’effort préalable normale, rien ne pouvait laisser suspecter l’accident. Cela s’explique principalement par la survenue brutale et imprévisible d’une rupture de plaque d’athérome auparavant modérée qui obstrue brutalement l’artère à l’occasion d’un effort important.

 

Enfin, dans ce registre RACE Paris pendant la période analysée (octobre 2006 – septembre 2012), aucune femme n’a été victime d’accident grave. Cette inégalité devant l’accident cardiaque d’effort concorde avec les données des autres études.

 

En conclusion, continuez à courir, cela vous fait plaisir et c’est bon pour la santé. Les sportifs vivent mieux et plus longtemps que les sédentaires mais sont parfois victimes d’accidents qui ne sont pas tous prédictibles. Ne pas négliger la survenue de symptômes, suivre les conseils de bonne pratique sportive émises par le Club des Cardiologues du Sport (voir ci-contre) et pendant les courses chaudes être attentif à l’hydratation et l’arrosage permet de réduire ces accidents. Quand malgré tout, l’accident survient en course, l’efficacité des services de santé sur place est remarquable. Enfin à l’entrainement et au quotidien, tout à chacun doit savoir devant un arrêt cardiaque brutal débuter un massage cardiaque et appeler les services d’urgences (pompiers, SAMU).

 

L’étude RACE Paris se poursuit et nous permet d’affiner nos connaissances sur les accidents graves pendant les courses d’endurance. Rendez-vous dans deux ans avec les résultats sur 1 million de coureurs.

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13 Oct 2019 08:00:00 UTC+0000